Après plusieurs jours sans trop poster (où j’étais entre autre occupé par l’organisation de Bargento 2), je vous propose aujoud’hui ce petit billet sur l’estimation du trafic, un art bien difficile qui a pourtant bien des impacts !
Souvent les clients me posent la question ou me demande de les assister dans cette démarche complexe donc loin de vous livrer un mode d’emploi, voici quelques pistes et réflexions.
Monter son site, c’est tendance
Le e-commerce ne connait pas la crise et c’est bien ce qui pousse des milliers de personnes à se lancer. Que ce soit un projet porté par une seule personne ou un lancement à grande échelle avec un business plan, des investisseurs et des objectifs, le E-commerce attire.
Mais comment prévoir son trafic, ses visites / jours qui conditionnent tellement de choses pour un E-commerçant ?
Je vois passer beaucoup de projets en ce moment et la tendance est nettement à l’accélération car ce mouvement est amplifié par :
- La santé insolente des E-shops
- Les statuts de micro entreprise et d’auto entrepreneurs qui permettent à des particuliers de se lancer dans de meilleurs conditions
- Les licenciements qui incitent des nouveaux acteurs à se mettre à leur compte (et les aides qui vont avec la création d’entreprises, d’autant plus quand cette création fait sortir du chomage)
- Toujours les particuliers qui lancent un site à moindre frais pour avoir un complément de revenue
- La fragmentation grandissante du marché qui confère a des sites spécialisés sur un domaine une plus grande notoriété et une bonne visibilité dans google
- L’accessibilité grâce à des framework comme Magento, avoir sa boutique « out of the box » n’a jamais été aussi simple
Rarement les conditions n’auront été aussi favorables pour se lancer sur le Web. Certe l’économie est en plein marasme mais par ailleurs, les aides de l’état, le satut de micro entrepreneur, le raz le bol du statut d’employé, l simplicité du développement et tellement d’autres conditions incitent une miriade de lancement de sites, par des indépendants !
Curieusement d’ailleurs « l’effet Magento« , l’attrait pour cette technologie est aussi fort chez les particuliers que chez les grands institutionnels. Avoir son site, simple et rapidement est certes à la porté d’un grand nombre de personne grâce à Magento et à sa galaxie de plugins (Magento connect) mais n’oublions pas non plus qu’un site sur mesures, interfacé avec un ERP ou une CRM, avec du développement spécifique, cela reste un travail important, fait par des experts du domaine.
Magento réconcilie les deux camps, on fait le spécifiques qui démarque le site des grands ou on le prends quasi tel quel pour démarrer une activité… Quoiqu’il en soit, qu’on se lance en tant que particulier, en tant qu’entreprise refondant son ancien site ou même que l’on porte sa marque sur le Web alors qu’elle n’y était pas auparavant, il est important de faire son estimation de trafic.
Pour avoir une idée de son volume de connexions et donc de son C.A, pour dimensionner son hébergement, pour préparer la croissance, bref comment savoir où l’on va quand on se (re)lance ?
Quelques cas de figure
Avant de tenter un périlleux exercice d’estimation des visites, il faut définir quelques cas classiques :
- Le lancement d’un site spécialisé « unipersonnel »
- Un site existant qui est remis au gout du jour
- Un site inexistant se lançant avec des moyens
- Un site d’une marque avec une notoriété, jusqu’ici absente du Web
Le cas N°1 :
C’est par exemple un membre du couple, madame en congé maternité ou monsieur qui vient de se faire licencier ou même une personne qui attendait depuis longtemps l’occasion de se lancer. La plupart du temps c’est un revenu complémentaire pour un couple ou même supplémentaire qui est porté par une connaissance spécifique d’un domaine ou une expérience ou même une passion.
Prenons un exemple, les huiles essentielles mettons. Monsieur a fait du PHP et se tiens au courant des technos Web, madame maîtrise le domaine et la chaine de fournisseurs, en faut il réellement plus de nos jours pour se lancer ? Le risque est que la consommation s’affaisse trop pour que les client(e)s continues à s’offrir des huiles essentielles qui ne sont malgré tout pas si essentielles que ça au quotidien quand le pouvoir d’achat s’use.
Un autre risque est bien sûr la faible « barrière d’entrée technologique » comme l’appel les investisseurs. Cela veut tout simplement dire que si vous l’avez fait en 1 mois, ceux qui voudront faire la même chose que vous le feront en 3 semaines (en s’inspirant de votre site).
Cette concurrence rapide et surtout le manque de recul sur un mouvement d’une telle ampleur ne permet pas de réellement faire des projections mais il faut être prudent. De plus, si deux, trois ou quatre sites se lancent sur le même sujet, qu’est-ce qui fera la différence ? Si ils sont tous en Magento par exemple, la seo sera identique, la guerre se fera alors sur les adwords et par le Blog spécialisé qui ira avec le site.
La bonne nouvelle (car en qualité d’infogérant j’ai tout intérêt à ne pas non plus décourager les volontaires), c’est que la spécialisation : ca paye. Pourquoi aller sur un site multiproduits si je peux avoir un site que ne vend que ce que je cherche spécifiquement ? C’est vrai finalement, à prix comparables, naturellement il est plus logique d’aller voir là où le choix sera le plus large et le conseil le plus précis. Si je cherche un luminaire pour mon salon, vais-je aller sur un site généraliste, un grand magasin ou le commander en ligne sur un site spécialisé qui en propose des centaines ?
Cela nous donne peu de piste pour s’autoévaluer.
Et bien sur, message d’espoir à tout ceux et toutes celles qui veulent monter un site d’huiles essentielles, ce n’est qu’un exemple et il est bien connu qu’en temps de crise, le segment du bien être est porteur !
Le cas N°2 :
La refonte d’un site existant apporte souvent un coup de fouet aux visites. Pour ce que j’ai pu en constater par mes clients, le chiffre d’affaire après une refonte (sous Magento ou autre d’ailleurs) conduit généralement à un regain d’activité et une hausse de quelques % du CA.
La refonte se fait souvent pour des raisons fonctionnelles et aussi parfois esthétiques. Dans les deux cas, assez naturellement le site fonctionne mieux, propose plus et à un look qui est plus dans l’air du temps que son prédécesseur.
Le nombre de visiteurs peut alors augmenter par une action de communication proactive ou encore aller croissant tout simplement par le buzz internet ou de bouche à oreille, bref, cela conduit à un accroissement en général.
Attention, lors d’une refonte, l’erreur peut couter cher. Un site mal adapté peut perdre sa clientèle, même la plus fidèle ou désintéressera temporairement. Il est d’autant plus dur d’oser la refonte quand un site fonctionne déjà bien, parfois le mieux est l’énnemi du bien d’autres fois, la refonte apporte l’étape suivante du développement d’un E-business.
Comment le trafic va t’il varier après la refonte ?
Le cas N°3 :
C’est le cas d’un site qui n’était pas existant, comme le premier cas, mais dont l’approche est totallement différente.
Un business plan, une société, des investisseurs, des collaborateurs, des accords et tout une cohorte de moyens précède le lancement de ces rolls du net. De la conception à l’approvisionnement, de la logistique à la préproduction, rien n’est laissé au hasard. L’originalité de l’interface utilisateur peut différencier ce site d’un plus petit mais c’est surtout ses interfaces avec le SI de l’entreprise qui sont des points complexes à développer.
Ceux sont également eux qui font la force de l’ensemble, eux qui font le succès et qui contribuent à l’amélioration des coûts. Ces sites vont bénéficier d’une large visibilité, d’une campagne de communication, de SEO optimisée, d’adwords de compétitions, bref, ca coûte très cher alors ca à intérêt à fonctionner.
Les exemples de réussites sont nombreux, les crashs spectaculaires. Rappelez vous www.boo.com et son budget délirant, 188 millions de dollars claqués en 6 mois… 1 millions de dollars par jour ! De nos jours, une telle levée de fond, un tel délire et un investissement aussi colossale dans la technologie n’ont plus de réalité sur le marché mais de beaux projets naissent, le Web reste un terrain de pionniers où tout est jouable.
Les formules 1 de l’internet peuvent peser des millions voir des milliards en quelques demi douzaines de mois. Jamais un vecteur n’aura créer une telle quantité de richesse en si peu de temps. Toutes ces stars 2.0 n’ont quasi pas une ride et on rarement soufflé 5 bougies alors forcément, la toile attire toujours l’investissement massif.
Avec toutes ces armes, il est complexe d’évaluer le trafic et sa progression mais le fait de partir de zéro implique que l’on va pouvoir en bonne partie controler les effets de communication.
A ce propos, j’ai été fasciné l’autre jour par cette représentation des stars du web.
Le cas N°4 :
C’est un des cas les plus complexe à gêrer.
La notoriété existe et la marque à de nombreux enjeux, se préserver d’une perte d’image, se renforcer par le Web, controler un nouveau canal de communication, gêrer un nouveau canal logistique etc…
Investir le Web va générer un nouveau canal de vente et également un nouveau canal de communication privilégié entre la marque et ses client(e)s. L’attente est encore plus forte que pour le cas d’une refonte, la notoriété va forcément provoquer le buzz, la critique ou les félicitations, la blogosphere va s’emparer de la nouvelle, bref, on ne pourra probablement pas contrôler cette communication.
L’attente enversla marque va provoquer un buzz d’autant plus grand que la population ciblée sera féminisée (on passe le bon plan aux copines). Les femmes arrivent à reproduire sur le Web les mêmes effets de raz de maré que dans les magasins physiques lors des soldes.
Cela se traduit par de très fortes montées en charge qu’il est très complexe de calculer.
Facteurs agravants et population ciblée
Les comportements de foules est très varié selon la cible à laquelle on s’adresse. Les adolescent(e)s sont très sensibles aux effets de mode et véhiculent un buzz à la vitesse de la lumiere. Attirer leur attention et s’attirer leur faveur, même courtement, c’est exposer son site à un fort trafic.
Les femmes sont également des visiteuses dont le pouvoir de communication est très fort. Le passage de l’adresse sous le manteau est une spécialité mais contrairement aux adolescents, la fidélité à des sites ou des marques est très forte.
Petite apparté d’allieurs, une intéressante étude TF1/TNS a déterminé 6 profils différents pour les 14 millions de surfeuses Française : « accrocs », « modeuses », « hédonistes », « pragmatiques », « les expertes » et « solidaires ». Les accrocs sont des E-consommatrices intensives, blogeuses et tchateuses. Les modeuses sont élitiste, citadine, au menu vente privée, vide dressing etc… les hédonistes s’émancipe par internet, utilise le web comme un instrument ludique, les pragmatiques voit le web comme un outil pour améliorer le quotidien et la gestion. Les expertes sont très proches des pragmatiques et utilise le net comme un outil de performances professionnelles, ce sont des femmes de réseaus numériques. Les solifaire enfin utilise la toile comme une source de solidarité, d’éthique et de progrès. On y explique que les méthodes pour s’adresser à ces différents profils sont très différentes et nécessitent une approche particulière.
En tout cas, d’expérience, les modeuses et les accrocs font des sacrés effets de pic de trafic !
Les hommes (comme à leur habitudes diront certaines ?) ont quelques sites références et pour le reste papillone allègrement. Un pourcentage important de femme lit aufeminin.com mais on ne trouve pas de sites « masculin » qui ait un lectorat aussi fidèle (à part playboy.com peut être mais coté info au quotidien ce n’est pas super qualifié). Ils ne font que peu tourner un buzz également et les effets de « raz de marés » sont limités.
De nouveaux dans les fidèles, les séniors sont des réguliers sur certains sites mais ils ont beaucoup de temps pour surfer et visite de nombreux sites avant de choisir. D’un point de vue buzz on est pas exactement non plus dans le vecteur le plus efficace mais la clientèle sénior est très sollicitée et très intéressante.
Avec tous ces profils, l’affinage des calculs va être coton à faire.
Mais alors, comment prévoir ?
Les outils
Google est le meilleur indicateur de santé d’un milieu. La concurrence n’étant pas toujours en retard, elle peut même être en avance. Donc se fier à la SEO de vos concurrents comme dise les pros (pour Search Engine Optimisation) c’est un bon début. Prévoir son trafic c’est avant tout prévoir la demande pour le produit que l’on vend ou l’attente que le public peut avoir envers une marque. Si les autres sites se battent pour aparaitre dans google, c’est à la fois bon et mauvais signe.
Être seul sur uen recherche c’est soit avoir une idée de génie, soit avoir un cran d’avance soit créer un site qui n’intéresse personne. Evidemment il est difficile de savoir dans les deux premiers cas si c’est réellement trop tôt ou exactement le bon moment mais dans le 3° cas, l’absence de concurrence réelle n’est pas forcément bon signe non plus. Et si vous avez beaucoup de concurrence en référencement naturel, il va être difficile d’hémerger de la meute.
Pour en revenir à nos prévisions, la recherche naturel dans Google vous donnera le ton et vous permettra de voir si vous êtes en concurrence directe et donc si vous allez avoir du trafic fuyant des autres sites (ou pour les comparaisons) ou si vous pouvez faire votre nid. Magento va vous aider car il est naturellement bon en SEO et cette tendance peut en se renforcer si on le souhaite ! (voir article sur le blog de Yaost à ce sujet)
Google Trends lui vous permet de comparer deux mots. Par exemple prestashop et magento. Si vous voyez que l’un dépasse l’autre, c’est bon signe pour le cheval qui prends de l’avance. Bien sûr, google donne une position relative mais pas les valeurs absolues ce qui ne vous permet pas de savoir le volume de recherche et donc l’attente du public. Cela vous donne juste la tendance comme son nom l’indique. http://trends.google.com
Les Google Webmaster tools vous permettent de mieux cibler ce qui est demandé et ce qui ne l’est pas. C’est une collection d’outils qui vous permettront de voir ce que voit Google mais aussi ce que demande les internautes et ce qui les fait tomber sur vos pages. http://www.google.com/webmasters/tools/
Google Adwords est la référence des centrales publicitaires online. Evidemment mesurer sa concurrence et sa potentielle audience à l’aune des résultats Adwords est intéressant mais ce qui l’est plus encore c’est de regarder en détail les offres qui sont faites dans l’interface d’adwords. Créez un compte (il vous sera probablement utile de toute façon) et commencez à vérifier les enchères et les mots qu’il vous propose. Vous verrez alors les mots ou expressions sur lesquelles la bataille à lieu.
Ces outils de mesures ne sont que très partiels et ne font qu’aider un peu à cerner ce qui va se passer. Adwords donne cependant une estimation de ce qui se passera si vous posez telle ou telle enchère. Si votre SEO est aussi au niveau, les résultats peuvent s’extrapoler de l’un à l’autre.
La Fevad (Fédération de la Vente A Distance) donne de nombreuses informations sur le E-commerce sur son site : la santé, les chiffres, orientation, croissance, segmentation etc… Certaines informations sont accessibles gratuitement, elles vous aideront à calibrer votre business plan.
Les blogs qui traitent de l’E-commerce, celui de Capitaine Commerce ou celui de François Ziserman notamment, donne de l’information qualifié et vous permettent de suivre la tendance.
Google Analytics est un outil d’une très bonne précision pour vérifier le trafic d’un site existant avant sa refonte puis pour extrapoler le résultat au nouveau site. De plus, pour le cas spécifique de Magento, Google Analytics permet d’éluer la charge qui va peser sur l’infrastructure assez facilement (voir les précédents posts).
Quelques repères, des échelles
Un site inconnu sur un sujet spécifique, qui se lance en B2B : 50/100/200/250/… VU / jours, le 1°/2°/3°/4° mois semble une échelle raisonnable. (Comprendre 50 Visiteurs Unique par jour le premier mois, 100 le deuxième etc… )
Un site inconnu sur un sujet spécifique, qui se lance en B2C : 100/200/400/800 VU / jours
(Certes avec un peu de com, de RP et des Adwords, mais c’est faisable)
Un site connu qui est refondu : +25% le premier mois, +10% sur le long terme si le site plait
Un site qui se lance avec des moyens en B2C : 1000/2000/4000/6000/10000
Un site qui se crée pour accompagner une marque connue online : 4000 / 1000 / 2000/ 3000 / 5000 (effet d’engouement du début puis rythme croissant)
Effets de vagues connus :
- slashdot ou équivalent : imprévisible, x2 à x10
- une télé : x3 à x15
- une radio : x2 à x5
- du buzz/blog : x2 à x4
- E-mailing massif : x3 à x5
Une rapide conclusion
Aux sites « unipersonnels » : n’oubliez pas la liste de conseils juridiques fournit par Mt Mathias
Aux grandes marques : Testez, ajustez, affinez, rodez les procédures. Un raté fait très mal,une fois que tout est prêt : lachez les chevaux ! Le web a un potentiel de croissance pour votre business qui est encore énorme, surtout si vous n’y êtes pas encore présent.
Les effets de buzz, de vague ou de raz de marée sont positifs tant que tout roule, dans le cas contraire l’impact négatif est tout aussi assassin.
PS : Ok mes conclusions manquent d’ampleur, je vous le concède, mon prof de bio en terminal me faisait le même reproche
avril 20th, 2009 at 18 h 39 min
Merci encore pour ce très bon article.
Je peux me permettre une conclusion perso?
Aux sites « unipersonnels »: Internet n’est ni un eldorado, ni un miroir aux alouettes, il faut du temps, du travail, de l’investissement, et de bons conseillers
Aux grandes marques: Ce n’est pas une généralité, mais dans beaucoup de secteur, les sites « unipersonnels » vous remercient du retard que vous avez pris
avril 21st, 2009 at 16 h 47 min
octobre 3rd, 2009 at 17 h 24 min
Bonjour, simplement qu’entends tu par des sites qui ont les moyens pour la seconde catégorie (investissement plutôt 10000, 100000 ou 1 000 000 d’euros) c’est assez vague. Sinon je trouve ton post vraiment bien !! Merci
octobre 12th, 2009 at 8 h 43 min
Bonjour Claire,
Soyons précis, je parles bien de budget et non de qualité. Voici comment je perçois la segmentation du marché :
- petit : jusqu’à 10 K€ de budget, en général ~6 K€, les « jeunes pousses » du Web
- moyen : jusqu’à 30 K€ de budget, ce sont des sites déjà implantés en général
- grand : jusqu’à 100 K€ de budget, ici on parle de grand lancement ou de sociétés déjà connues ou dans le E-commerce depuis quelques années
- très grand : le plus gros que j’ai vu était de 350 K€, ce sont les très grandes écuries du E-commerce, leurs CA online représente plusieurs M€ par an