juin 03

Pourquoi un site de E-commerce se doit de charger en moins d’1,5 seconde ?

Tout simplement parce que Google possède plus de 90% de part de marché et que ses dirigeants ont décidé d’inclure la vitesse de chargement parmi plus de 200 facteurs pris en compte dans le référencement naturel.

Certes, ce nouveau facteur ne sera pas plus important que la pertinence du contenu, mais il va petit à petit monter en puissance.

Cette transformation est logique, nos environnements de travail et personnels sont de plus en plus connectés, toutes les générations travaillent maintenant sur Internet, pourquoi devrions nous attendre, dans une société où l’instantané à pris le pouvoir ?

Depuis que l’homme est équipé de pouces opposables, d’une connexion ADSL et d’une culture Internet, il est impatient.

Pourquoi cette limite d’1,5 seconde ?

Quand votre site charge en moins de 1,5 seconde, il est plus rapide que 90% des autres sites actuellement connus de Google. Il est donc difficile à ce jour d’infliger une lourde pénalité à ceux chargeant en plus d’une seconde et demi.

Par contre, si vos pages charge en moins d’1,5 seconde, il peut vous favoriser, de la même façon que si votre site est très propre en terme de HTML ou bien conçu en terme de mots clefs. A l’avenir, ce facteur va se renforcer puisque les sites vont en tenir compte et charger plus vite.

1,5 seconde, c’est le temps que Google a choisi comme référence.

Dans les graphiques mis à disposition par Google, la délimitation est claire :

graph_temps_google
À moins d’1,5 seconde, vous êtes dans la zone verte, vous êtes rapide. Au-dessus d’1,5 seconde, vous êtes dans l’équipe rouge, vous êtes lent. Nous vous y trompez pas, aucun mot, aucun chiffre chez Google n’est utilisé par hasard. Le temps d’1,5 seconde découle de plusieurs études précises, parmi lesquelles nous pouvons déjà citer celle-ci ou celle-ci.

Et quand le mot « Lent » est choisi par Google, il a un sens fort.

Que perd-on précisément ?

De très nombreuses autres  études ont été menées et elles sont toutes formelles, être lent, c’est vendre moins, décourager l’utilisateur, freiner son business.

Les études donnent parfois des résultats différents. Certaines annoncent 2,8% de perte de chiffre d’affaire pour 1 seconde de plus de chargement, -4,3% de CA pour 2 secondes.

Amazon avait déjà fait le constat auparavant : 0,1s de plus de temps de chargement en plus leur coutait 1% de chiffre d’affaire.

Eric Schuman (Microsoft) et Jake Brutlag (Google), ont réalisé une étude et fait une conférence à ce sujet également. Il en ressort le même principe de fond mais certaines subtilités supplémentaires apparaissent. Entre une page qui charge en 50 ms et un autre en 2 secondes, le revenu par clic baisse de 4,3%, la satisfaction baisse de 3,8% et le temps avant le clic suivant augmente de 3,1s.

business & chute

Les dirigeants de Google ont d’ailleurs la volonté   exprimée de faire passer l’internaute de la page   de recherche au site de destination de la manière  la plus fluide possible. Le chargement, le  changement de monde, doit être le plus  imperceptible possible, « comme si l’on  tournait la page d’un livre ».

La publicité en ligne (SEM) et notamment les adwords sont également moins efficaces lorsque le site est lent, comme vous pouvez le lire dans l’aide de Google ici.

Phil Dixon de Shopzilla a pour sa part constaté, en passant le temps de chargement de son site de 7s à 2s :

  • 25% de pages vues en plus
  • 7 à 12% de ventes en plus

A l’inverse, quand le temps augmente, l’image de marque se dégrade elle aussi car les utilisateurs se plaignent et parlent entre eux, d’autant plus depuis l’avènement des réseaux sociaux.

Pourquoi ces pertes ?

Le cerveau humain a plusieurs « rythmes ».

cerveau

  • De un à cinq dixième(s) seconde : C’est la limite à laquelle nous estimons inconsciemment avoir une action immédiate sur ce que l’on manipule. Word, MacOS ou Windows ou encore l’interface d’un téléphone doivent réagir dans cette zone pour être apprécié. Le cerveau interprète, commande, reçoit, comme si l’outil utilisé était un prolongement du corps qu’il contrôle directement.
  • De cinq dixièmes à 1 seconde : La perception se modifie, nous n’avons plus l’impression de contrôler « directement ». Le cerveau assimile l’information et n’a plus l’illusion de pouvoir contrôler l’interface comme il contrôlerait un membre du corps.
  • De 1 à 5 secondes : C’est le temps habituel de chargement des sites. L’internaute l’accepte en générale relativement bien. Si un chargement doit durer plus de 5 secondes, il est intéressant d’occuper l’espace visuel de l’internaute pour garder son attention (une petite hélice, une barre de chargement, un pourcentage). Garder l’attention plus de 10 secondes sans occuper un des sens est illusoire.
  • À partir de 10 secondes : Le cerveau n’attend plus la réponse et vagabonde. Le site visité n’a plus l’exclusivité de l’attention de l’internaute. Celui-ci se demande s’il ne va pas aller sur un autre site concurrent, s’il a payé ses impôts, si le webmaster lui envoie les pages par la poste ou à dos de hamster, bref, la vente ne se fera probablement pas.

L’âge de l’internaute et sa culture internet changent la donne.

Les adolescents qui n’ont jamais réellement connus l’attente avant d’avoir un résultat, tout au moins sur l’informatique. Le temps à laquelle la réponse est reçue, après que la demande ait été envoyé, est d’une importance colossale mais il doit être d’autant plus réduit que le potentiel acheteur est jeune.

Une grand mère attendra 20 secondes la page Web du site avec les gentils dauphins pour réserver ses vacances. Hugo, du haut de ses douze ans, au delà de la deuxième seconde, il se demande si les pages du site lui sont acheminé par pigeons voyageurs ou à dos de hamster.

Comment mesurer le temps de chargement ?

Vous pouvez mesurer la rapidité de chargement de votre site avec ces deux extensions Firefox :

Ou avec ce site

Il est également possible de suivre l’évolution de la vitesse de chargement de son site dans les outils Google appelé « Webmaster tools ». Si vous n’avez pas de compte, créez en un et si vous en possédez déjà un, allez dans l’onglet Labo puis dans « Performances du site ».

Pourquoi les sites ne chargent pas plus vite ?

Avec le matériel toujours plus puissant et les connexions toujours plus rapides, la question se pose en effet.

Les sites qui ont vus le jour il y a dix ou quinze ans chargeraient très rapidement aujourd’hui, bien plus rapidement qu’à l’époque. Les connexions vont plus vite, nous sommes passés à l’ADSL du coté de clients et aux connexions très haut débit du côté des serveurs.

Alors avec de tels progrès, pourquoi un site prend-t-il toujours 4 à 20 secondes pour charger ?

Les machines ont évolué des deux coté également. Les ordinateurs sont plus puissants et les serveurs ont vus leurs capacités de traitement multiplié par plus de 1000. Par contre, la vitesse de la lumière n’a pas progressé. Elle met toujours plusieurs dizaines de milliseconde à traverser l’atlantique, de même, les connexions internet ont aussi une limite de progrès, tout comme les protocoles qui soutiennent internet. Tous ces facteurs font que l’ensemble a progressé de manière non homogène.

Un serveur 1000 fois plus rapide de nos jours est également 100 fois plus sollicité qu’avant. 3000 visites par jours il y a 15 ans, c’était un « grand site », aujourd’hui, c’est un trafic modeste.

Composition du temps de chargement d’une page

Le temps de chargement d’une page est composé de plusieurs facteurs :

  • L’initialisation de la connexion et la résolution du nom de domaine
  • Le temps d’interprétation des scripts php / asp
  • Le temps de chargement des éléments par le réseau
  • La recherche des informations en bases de données
  • Le formatage d’une sortie en HTML
  • Le délai d’interprétation et d’affichage du navigateur

C’est un résumé puisque le temps est en fait découpé en plus de sous sections mais nous entrerions dans trop de détails.

Il y a quelques années, j’avais proposé le schéma suivant, résumé lui aussi :

latence-2

Les performances des connexions et du matériel ont donc évolué mais au final, les programmes aussi. Les sites web modernes n’ont plus rien à voir avec ceux d’il y a quinze ans et ils ont apportés une souplesse sans égale au E-commerçant.

Gestion de catalogue avancée, page dynamique et agréable à regarder, outils d’administration poussés, les sites modernes sont définitivement plus efficaces. Cette efficacité a été apportée, notamment, par des langages de programmation plus évolués dont PHP et par l’usage de base de données, dont Mysql.

De plus les langages ont évolué vers de l’objet ce qui les a aidé à devenir plus flexibles et efficaces mais en contrepartie, toutes ces améliorations ont un coût en terme de performances.

Ces complexités et améliorations fonctionnelles additionnées nécessitent donc plus de puissance. Les graphismes et photos plus lourds ont, eux, demandé plus de vélocité à nos connexions.

Il faut également prendre en compte que la qualité du code source généré est inégale. Deux sociétés peuvent réaliser le même site et l’un sera optimisé tandis que l’autre sera lent, c’est une question de capacité technique et d’expérience. De la même façon tous les sites ne sont pas à égalité devant le temps de chargement, de part leur conception ou même leur usage.

Sur un site comme Amazon, 90% du surf se fait depuis  le moteur de recherche et il se doit d’être rapide sur ce point. Sur un autre site ce sera la « vitrine » virtuelle et son agencement qui déclencheront les ventes et ces deux approchent n’ont pas le même coût en terme de temps de chargement.

La technologie également joue énormément et enfin la capacité de l’infogérant à optimiser votre infrastructure et son usage.

La vitesse n’est pas tout

La disponibilité du site et la réactivité de l’infogérant en cas de soucis sont également des facteurs majeurs de succès.

Bien que l’ingénierie informatique et la programmation Web ne soient plus des secrets maîtrisés par un très petit nombre, les sites sont devenus de plus en plus complexes et les accidents peuvent arriver.

Sur un serveur, un disque dur, une barrette mémoire ou un autre élément technique peut céder. Du côté du site web, un élément logiciel peu avoir un défaut ou engendrer une erreur. Dans les deux cas, un internaute peut accepter un court délai d’indisponibilité mais ceci ne doit pas se prolonger.

Une interruption de plusieurs heures pendant les soldes peut être problématique, les ventes de fin d’année ou une animation commerciale. La perte de chiffre d’affaire et d’image de marque peut devenir très sensible.

Un infogérant spécialisé dans le E-commerce et une Web Agency sont des alliés précieux dans l’exploitation d’un site commerçant.

En conclusion

La rapidité de chargement joue donc 3 fois :

  • sur l’expérience utilisateur
  • sur le référencement naturel
  • sur l’efficacité de la SEM (mots clefs sponsorisé dans les moteurs de recherches)
  • sur le chiffre d’affaire généré

Il est donc clair que ce facteur est critique pour un site de E-commerce.

Philippe Humeau, NBS System, hébergement et sécurité du E-commerce.

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13 commentaires sur “SEO, vitesse de chargement et expérience utilisateur”

  1. 1. derfurth Dit :

    Bravo, excellent article!

  2. 2. Tweets that mention Vitesse de chargement, SEO et chiffre d'affaire | Communauté Magento francophone -- Topsy.com Dit :

    [...] This post was mentioned on Twitter by SBCFulfillment, News Magento. News Magento said: SEO, vitesse de chargement et expérience utilisateur http://goo.gl/fb/Z9dsf [...]

  3. 3. jpvincent Dit :

    complètement d’accord avec la conclusion et le développement sur l’idée que les performances influencent réellement le chiffre d’affaire

    par contre sur la partie technique qui se trouve être mon domaine, je voudrais corriger une idée reçue : les temps de traitement côté serveur ont une importance en général très faible par rapport à la perception de lenteur de l’utilisateur.
    En général plus de 90% de la lenteur perçue est due à ce qu’il se passe après que le HTML soit arrivé jusqu’à l’utilisateur (souvent en moins de 2 secondes) : téléchargement des javascript, css, image et flash qui peuvent bloquer l’affichage du navigateur.
    Publicités, Widget et tracking inclus de la mauvaise manière ralentissent encore plus cet affichage et tuent la réactivité attendue aujourd’hui

  4. 4. Opi Dit :

    Tres bon article, merci.

    Je suis entierement d’accord avec jpvincent, le gros du temps de chargement reste le « front-end »; et c’est en plus la partie la plus facile a ameliorer. Les techniques existent : sprite css, optimisation png, compression js, conformité du code xhtml/css …

    Je conseille a tout le monde les archives du site d’Eric Daspet : http://performance.survol.fr a ce sujet

    opi

  5. 5. LaurentB Dit :

    Oué bon courage quand même pour tomber en-dessous des 1,5 secondes avec un site marchand.
    Déjà que c’est pas gagné avec un bon vieux site statique, alors les bouzins dynamiques d’aujourd’hui sont flingués d’avance.

  6. 6. Philippe Humeau Dit :

    Je suis mitigé sur ce point mais le but d’un blog est bien la discussion d’expert, ce qui me ravit !

    En fait, avec un outil comme pagespeed de google et un firefox, on a le détail de connexion/transfert/rendu php+html/transit, la partie rendu php ne semble pas négligeable sous Magento avec son stack technologique important. Le sandwich php+objet++zend+framework magento est assez consistant à digérer server side.

    Quand on lance un système de bench comme funkload ou équivalent, on a déjà, rien que pour le php, plusieurs secondes si on optimise pas.

    C’est d’ailleurs facile à vérifier avec un shell :
    « time php index.php »

    real 0m0.494s
    user 0m0.080s
    sys 0m0.024s

    On se retrouve donc déjà avec 0,5 seconde d’interprétation, ce n’est certe pas tout mais sur une machine en très faible charge, c’est déjà sensible comme valeur. Ca grimpera avec la charge également et ca peut monter ou descendre en fonction du site, de sa complexité, de la qualité du code etc…

    Ceci étant, c’est moins que ce que je pensais, il me faudrait tester sur plusieurs sites différents pour avoir une moyenne fiable.

  7. 7. Philippe Humeau Dit :

    oh vous êtes dur je trouve :

    http://www.narscosmetics.co.uk/ 1,4 seconde en moyenne (Yslow)
    http://store.pull-in.com/eu/fr/ 1,3 seconde en moyenne (ySlow)

    en fait on va même tomber sous la seconde sous peu avec les optimisations que nous menons en ce moment, sur la majorité des sites hébergés Magento.

  8. 8. Xorax Dit :

    Autre outils de mesure du temps de chargement : http://gtmetrix.com/
    allez pour la peine http://gtmetrix.com/reports/www.wikigento.com/QQyqmZ1H :D

  9. 9. Philippe Humeau Dit :

    ah je connaissais pas, ca remet en forme du Slow et pagespeed et c’est bien pratique !!!
    merci aussi pour le petit clin d’oeil, je vais effectivement faire un effort sur Wikigento :)

    les cordonniers, tout ça, tout ça.

  10. 10. BlOg'X Office 58 : petit medley du Web | Autour du Web Dit :

    [...] SEO, vitesse de chargement et expérience utilisateur [...]

  11. 11. Crunch Dit :

    Excellent article, très complet et très instructif !

  12. 12. Temps de chargement et retombées sur le taux de conversion | Info-Ecommerce.fr Dit :

    [...] le référencement. Rapide synthèse de cet article que vous pouvez retrouver à l’adresse http://www.wikigento.com/latence/seo-vitesse-de-chargement/. Malheureusement, son article manque de sources, on ne peut donc le croire que sur [...]

  13. 13. Philippe Humeau Dit :

    oui c’est vrai qu’il n’y a que peu de sources sur le sujet. Nous avons l’intention avec Cybercité de tester cela en réel, de faire une étude factuelle sur cet impact et de le mesurer. Tout au moins en SEO, pour la conversion, c’est plus difficile.

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