L’étape suivante du conflit
En décembre dernier, la guerre des processeurs à vu AMD affliger une cuisante défaite sur presque tous les fronts à son grand rival Intel. J’avais à l’époque affiché mon plus grand soutient à AMD pour cette avancée, tant en terme de performances que de coûts, sur les infrastructures LAMP, la messe était dite, l’avancé d’AMD était certaine.
Les Shanghai mettaient à mal les vieillissants 54xx d’Intel, tant sur le plans des performances pures que sur celui de la consommation électrique. La réponse était aussi prévisible que prévue, Intel a sortit ses nouveaux monstres, les I7, en version serveur.
Ils étaient déjà disponibles pour le grand publique mais les versions serveur se sont faites désirer quelques petits mois de plus, mais pour un résultat spectaculaire. Aux avants postes de l’info sur ces questions, les excellents sites d’anandtech et de techreport offrent une lecture comparable des différences entre les séries 55xx d’intel et les séries 23xx & 83xx d’AMD.
Le résultat est sans appel, les nehalem mettent une distance aux Shanghai de 15% à 50% selon les types de traitements. Seul le prix et éventuellement la consommation électrique peuvent mettre les AMD sur le devant de la scène mais la performance redevient le leadership d’intel en version serveur.
Les enjeux
La guerre n’est pas finit car les deux fondeurs vont se tourner maintenant vers les hexacore et les octocore par processeur. De plus Intel lance la course à la gravure 32 nm, ce qui ne va pas manquer de relancer la bataille.
Les 3 clefs du duel :
- La performance bien évidemment
- Le coût
- La consommation énergétique
La performance, il me semble inutile de détailler le pourquoi.
Le coût est un enjeu important également car les intel restent réellement plus coûteux que les AMD. A l’achat, sur plusieurs serveurs, ce coût est sensible, pour l’infogérant, l’hébergeur ou le client. Ce paramètre peut faire préférer une architecture moins rapide de 10% si son coût est inférieur de 20% par exemple.
A verser au chapitre des coûts, la consommation électrique est récurrente et la durée de vie d’un serveur est en général de 3 à 5 ans. Dépenser 20 € de plus par mois pour une machine à cause de sa consommation ou de sa dissipation, c’est dépenser 720 à 1200 € de plus sur toute la vie du serveur. Autant dire qu’il faut prendre en compte ce paramètre dès le début et que ce facteur est également un facteur de performance. Pour 500 € de plus, je peux mettre un double quad core plut lent à 2,3 Ghz qui dissipe 2x65W plutôt qu’un simple quad core 2,83 Ghz qui en plus est 20% plus rapide à fréquence égal mais qui dissipe 90 ou 135 W.Comme tous les systèmes dont nous parlons peuvent se répartir sur n core, n processeurs ou n serveurs, ce n’est pas réellement un problème de configurer l’une ou l’autre des solutions.
Toujours au delà de la performance, l’énergie et la consommation des serveurs est devenue critique. Les datacenter limitent les consommations par baie (en général à 16A), le Green-It se lance réellement et sur ce plan l’avantage n’est pas si tranché. Après avoir connu des chocs pétroliers et une fonte accélérée des glaciers, tout le monde à pris conscience que le tout pétrole était finit. C’est au tour des consommations électrique et donc de ces gouffres que sont les datacenters, de se voir rationnalisée. 32 A par baie était quelque chose de simple et d’accessible auparavant, c’est désormais 16A la norme et d’une manière général, on est prié de moins chauffer pour moins refroidir, de passer de 18°C à 23°C en température médiane et de moins consommer.
En 2010/2011, un grand tournant se profile, les octocore sur un même die, sur même processeur, avec de la gravue en 32 nm et (enfin) un jeu d’instructions vectorielles. En 2012, Intel aura même avec l’architecture « Sandy bridge », l’équivalent d’un processeur Cell de Playstation 3 avec les FMA, Fused Multiply Add, des additions et des multiplications en une seule instruction, assisté d’un copro vectoriel. Cela va impliquer de redévelopper beaucoup de choses pour optimiser le code mais le gain promet d’être assez monumental.
Je reste bluffé cependant de l’avance prise par Sony sur son architecture Cell, sortie il y a 3 ans, rattrapée en 2012… 5 à 6 ans d’avance sur la concurrence…
Quelle différence pour Magento ?
La donne à changé, on est passé de LAMP à LAMPZM. Le combo Apache/PHP/Mysql était peu gourmand à l’origine, puis vint Zend puis vint Magento et là, nous sommes rentrés dans l’ère du besoin grandissant de performances. Linux Apache Mysql Php Zend Magento cela fait un empilement un peu gourmand
Pour les infrastructures de petite et moyenne taille, dont les capacités d’accueil vont aller de 0 à 75 000 visites par jour, la différence ne sera pas si marquante. Au delà de 75 000 V.U/J les machines sont très sollicités et un serveur de moins dans une infrastructure car les autres sont 20% plus puissant, cela joue énormément, c’est un équilibre délicat à trouver.
Mais, « More Power, More User » comme d’habitude. Alors les Intel gagnent cette deuxième manche, attendons la réplique d’AMD avec ses premiers hexacore qui ne vont pas tarder à arriver sur le marché. Un avantage tout de même, jusqu’à 8 core par processeurs, on ne sera pas obligé de changer de socket chez AMD, il sera donc possible de garder les châssis des Shanghai du début encore un moment en ne changeant que le processeur.
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